On papote ?

La littérature à l’ère du numérique

Présentation lors d’une rencontre organisée par l’association haïtienne Li AVÈM.

Les seules créations valables sont celles de l’imaginaire.


Histoire de la femme cannibale, Maryse Condé, page 63


J’ai été invitée par l’association haïtienne LI AVÈM à intervenir lors de leur rentrée sur le thème : « La littérature à l’ère du numérique ». Blogueuse, bookstagrammeuse et récemment booktubeuse, c’est un thème qui me parle particulièrement. On entend souvent dire que la littérature se voit concurrencer par le numérique (jeux vidéo, smarthones, séries etc.) mais qu’en est-il réellement ? 

Ainsi, dans un monde de plus en plus connecté, on peut s’interroger sur la place réelle de la littérature. 

Le numérique, un danger pour la littérature ?

Depuis quelques années, de nouveaux termes sont apparus qui en disent long sur nos modes de consommation. On scroll sur les réseaux sociaux, on swipe sur les applications de rencontres, on binge watch des séries sur les plateformes de streaming. Ces nouveaux termes illustrent une société dans laquelle tout doit aller vite, tout doit être consommé en énorme quantité. Nous sommes dans l’ère de la quantité et non de la qualité. 

« L’acte de la lecture en lui-même, n’était-ce pas un plaisir plus substantiel que celui de jouer ou de manger par exemple, même lorsqu’on avait grand faim ? » 

La rue Cases-Nègres, Joseph Zobel 

Cela a modifié également la manière de créer. Par exemple, la musique est maintenant pensée pour TikTok. Les morceaux sont de plus en plus courts et cherchent avant tout à faire l’objet de challenges sur TikTok. 

Dans une telle société, la littérature semble complètement anachronique. Lire un livre suppose de se poser, loin des écrans et de se plonger dans un ailleurs. De même, l’écriture suppose de prendre du temps pour créer son oeuvre. 

« Je fais partie de ce peuple anonyme des lecteurs. Chacun de nous est assis dans sa chambre, un livre à la main, et nous voyageons dans un immense train qui n’existe pas » 

Minuit dans la ville des songes, René Fregni, page 253

La littérature suppose donc une non-consommation à l’inverse de la surconsommation proposée par le numérique. Entre l’obsolescence programmée des appareils et la multitude de publicités, le numérique incite à toujours consommer plus. Que ce soit entre deux story Instagram après un placement de produit, dans les clips musicaux ou même dans les séries, nous sommes envahis par les appels à la consommation. A l’inverse, impossible d’insérer une publicité entre les pages d’un livre ou sur un carnet d’écriture.  

« Les grandes oeuvres appauvrissent et doivent toujours appauvrir. Elles ôtent de nous le superflu. De leur lecture, on sort toujours dénué : enrichi, mais enrichi par soustraction. »

La plus secrète mémoire des hommes, Mohamed Mbougar Sarr, page 47

Dans ce contexte, les acteurs du monde littéraire ont du se réinventer pour ne pas disparaitre au profit du numérique. 

Le numérique, une opportunité pour la littérature ?

Pour ne pas totalement disparaître, la littérature s’est servie du numérique pour développer de nouveaux outils et de nouveaux modes de communication. 

Concernant les nouveaux outils, les ebooks permettent d’emporter sa bibliothèque partout avec soi. On peut avoir une centaine de livres juste dans sa poche. Je ne suis pas fan des liseuses mais il faut reconnaître que c’est très pratique lorsque l’on voyage. L’autre avantage est que les livres sont souvent moins chers au format numérique. 

Il y a aussi les livres audio qui ont l’avantage d’offrir un accès à la littérature aux personnes mal voyantes. C’est aussi un excellent moyen d’écouter un livre tout en faisant autre chose (le ménage, la conduite, la vaisselle etc.) un peu comme avec les podcasts. A ce sujet, la maison d’édition Une voix Une histoire dont on a parlé avec la médiathèque du Moule, propose des livres audios issus du fond caribéen.

Concernant la communication, les maisons d’édition et les auteurs ont vite compris la puissance des réseaux sociaux. On parle maintenant de Booktok pour le TikTok dédié aux livres, de Bookstagram pour Instagram et de Booktube pour Youtube. Ainsi, selon un article de France Info, en septembre 2022, le #BookTok avait généré 88 milliards de vues, dont 1,6 milliard en France. Cet article cite l’exemple du livre Le chant d’Achille de Madeline Miller sorti en 2015 qui est passé de 15 000 à 180 000 exemplaires vendus après une vidéo virale conseillant cet ouvrage en 2021. 

«  La littérature, comme le crime organisé, a son réseau »

L’énigme du retour, Dany Laferrière, page 30

De plus, selon un rapport du Centre National du Livre datant de 2022, 11% des 7-25 ans disent choisir un livre « après en avoir entendu parler sur les réseaux sociaux ». Ainsi, on observe l’apparition d’influenceurs littéraires. Certains ont même quitté leur emploi pour se consacrer uniquement à la création de contenu. Il existe même des agences d’influence qui se spécialisent dans ce domaine. 

Devant ce succès, certains se félicitent car la littérature est encouragée grâce au numérique. D’autres sont plus sceptiques car cela pose des questions. On a dit plus haut que la littérature entre en contradiction avec la société de consommation mais le chant des sirènes du capitalisme n’est jamais très loin. 

« Le capitalisme passe son temps à nous revendre sous la forme de produits ce qu’il a commencé à détruire. »

Sorcière, la puissance invaincue des femme, Mona Chollet, page 32 

Peut-on faire confiance à l’avis d’un influenceur littéraire s’il est payé ou s’il reçoit des livres gratuitement ? Pour ma part, je ne suis pas rémunérée mais il m’arrive effectivement de recevoir des livres gratuits. Même si je souhaite rester le plus honnête possible, il est vrai que je vais avoir tendance à modérer mon langage pour ne pas blesser l’auteur qui m’a envoyé son livre gratuitement. Je ne vais pas mentir mais mon avis ne sera pas aussi acerbe que si je l’avais acheté directement (et oui car en plus d’être mauvais, ce livre nous aura aussi fait perdre de l’argent). 

De plus, ce sont souvent les mêmes livres qui sont mis en avant, et très souvent des livres Young Adult, ce qui fait du livre un objet à la mode qu’il faut absolument lire pour rester dans la tendance. Il est rare de voir des livres issus de la littérature antillaise en trend sur TikTok par exemple d’où la nécessité de continuer à promouvoir cette littérature.  

«  J’ai toujours pensé que c’était le livre qui franchissait les siècles pour parvenir jusqu’à nous. Jusqu’à ce que je comprenne en voyant cet homme que c’est le lecteur qui fait le déplacement. »

L’énigme du retour, Dany Laferrière, page 31

Donc oui le numérique représente une véritable opportunité pour les acteurs du monde littéraire mais il faut faire attention pour ne pas que la littérature perde son essence. 

L’intelligence artificielle : menace ou renouveau de la littérature ?

Ces dernières années, l’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus présente dans tous les domaines, et l’univers littéraire n’y a pas échappé. 

Ainsi, on peut trouver en vente sur la boutique Kindle d’Amazon des livres écrits par ChatGPT. Pour écrire un livre avec l’IA, rien de plus simple : Il suffit de donner des instructions au logiciel et ce dernier peut générer un texte. 

Cela entraîne une concurrence avec de véritables auteurs qui ont parfois du mal à se faire publier. De même, certains auteurs risquent de perdre leur emploi s’ils peuvent être remplacés par un logiciel. Avec l’intelligence artificielle, on peut aussi noter des livres sur des sites pour booster leurs ventes. Ainsi, des centaines de bots pourront mettre de bons avis et de bonnes notes à des livres écrits par chatGPT et ce livre sera mis en avant au détriment de celui écrit par un être humain. 

Pour ces raisons, certains en font un business lucratif. On trouve maintenant des vidéos d’influenceurs qui expliquent comment s’enrichir en utilisant l’intelligence artificielle pour écrire un livre. 

Ainsi, écrire n’est plus un art mais une source de revenus. Les sirènes du capitalisme chantent toujours plus fort. 

Cependant, je suis persuadée que les amoureux de la littérature ne se laisseront pas berner. Aucune IA ne peut remplacer le cri de l’auteur en exil.

«  Le dictateur m’avait jeté à la porte de mon pays. Pour y retourner, je passe par la fenêtre du roman. »

L’énigme du retour, Dany Laferrière, page 153

Aucune IA ne peut faire ressentir la puissance procurée par la lecture d’un bon livre. 

«  J’ai un livre sur ma table de chevet. Parce que je n’ai pas de pistolet. »

Un monstre est là, derrière la porte, Gaëlle Bélem, page 139

« Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis. »

Petit Pays, Gaël Faye, page 169 

Aucune IA ne peut traduire les tourments qui se jouent dans la tête d’un écrivain. 

«  D’un écrivain et de son oeuvre, on peut au moins savoir ceci : l’un et l’autre marchent ensemble dans le labyrinthe le plus parfait qu’on puisse imaginer, une longue route circulaire, où leur destination se confond avec leur origine : la solitude. »

La plus secrète mémoire des hommes, Mohamed Mbougar Sarr, page 15

« Au commencement est la mélancolie, la mélancolie d’être homme ; l’âme qui saura la regarder jusqu’à son fond et la faire résonner en chacun , cette âme seule sera l’âme d’un artiste – d’un écrivain. » 

La plus secrète mémoire des hommes, Mohamed Mbougar Sarr, page 115

Aucune IA ne peut s’adresser à l’âme des lecteurs. Pour ma part, je vous écrivais ici, ce que représente la lecture pour moi. 

« La plupart des lecteurs se prennent pour des personnages de roman. Ils considèrent leur vie comme une histoire pleine de bruits et de fureurs dont l’écrivain ne peut être que l’humble scribe »

L’énigme du retour, Dany Laferrière, page 24

Ainsi, j’ai envie d’encourager les lecteurs à promouvoir les livres qu’ils aiment, qu’ils soient à la mode ou pas. Continuez de lire avec passion. Aux auteurs, j’ai envie de dire : aucun robot ne pourra remplacer la sensibilité de votre plume. Faites vous confiance et continuez de nous faire rêver. 

« Les romanciers ont peur d’inventer l’invraisemblable, c’est-à-dire le réel. »

Histoire de la femme cannibale, Maryse Condé, page 27

Sources :

https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/reportage-tiktok-et-la-litterature-un-beau-roman-une-belle-histoire_5649488.html

https://stellar.io/fr/ressources/marketing-influence-blog/marketing-influence-secteur-edition/

https://centrenationaldulivre.fr/actualites/resultats-de-l-etude-les-jeunes-francais-et-la-lecture

https://www.capital.fr/entreprises-marches/sur-amazon-lexplosion-des-livres-ecrits-par-chatgpt-146095

Interview

Echange littéraire à la médiathèque du Moule

Quand je pense à la littérature caribéenne, je pense à créolité, antillanité, négritude, les sujets propres à l’identité.

Laurence Amodeo

J’ai toujours été fascinée par les médiathèques. On y croise des étudiants qui révisent leurs examens, des personnes âgées en quête de distraction, des parents souhaitant donner à leurs enfants le goût de la lecture. On y trouve tous types de personnes avec pour point commun celui de s’instruire et de se cultiver.

Situées au coeur des villes, les médiathèques sont aussi un lieu d’échanges et de rencontres. C’est pour ces raisons que j’ai voulu en savoir plus sur les activités de la médiathèque du Moule. Vous pouvez consulter leur page Instagram pour constater que l’équipe est très active et qu’elle organise un grand nombre d’évènements littéraires et culturels.

J’ai posé quelques questions à Laurence Amodeo, responsable à la médiathèque du Moule.

Bonjour, pouvez-vous nous présenter les activités de la médiathèque ?

L. A. : Bonjour, la médiathèque est un équipement public de 1500m2 au coeur de la ville qui est en plein renouveau tant sur le fonctionnement (nous sommes en chemin vers un tiers lieu) que sur la modernisation du bâtiment (un espace coworking est prévu). On a débuté avec l’installation d’une maison France Service au rez-de chaussée qui permet à la population de faire ses démarches plus facilement (c’est un public qui vient à notre rencontre et qu’on peut désormais toucher). Nous avons mis en place la micro-folie, en partenariat avec La Villette qui a été installée pour ramener l’art dans les territoires d’Outre Mer et rendre l’art plus accessible. La micro-folie propose un musée numérique, un espace en réalité virtuelle, un learning lab.

Au niveau de la médiathèque, nous sommes un équipement de lecture publique et nous avons pour mission de développer la lecture, de la rendre accessible à la population et de l’accompagner dans l’apprentissage des savoirs, des pratiques, notamment les compétences informatiques. L’idée est d’avoir différents médium pour accompagner les citoyens et leur faire découvrir l’univers du livre.

Quels sont vos actions pour inciter les jeunes à lire ?

L. A. : Nous tenons à mettre en place une offre culturelle en lien avec ce que les jeunes aiment. L’idée est de rendre la littérature accessible et agréable. On a pu mettre en place des ateliers gaming, notamment avec l’association moulienne Les Nakama créole, pour proposer des ateliers jeux vidéos avec des temps de lecture. On a pu offrir des chèques lire aux jeunes qui souhaitaient partager une lecture. Nous proposons aussi des choses en lien avec le mangas, comme des ateliers dessins pour que ce public de dessinateurs découvrent aussi la médiathèque. Nous mettons aussi en place des ateliers créatifs.

L’idée est que le jeune soit habitué dès son plus jeune âge à lire, que le livre soit au coeur de la famille et qu’on puisse, au fil des âges, proposer des thématiques qui les concernent. Le fond adolescent de la médiathèque aborde les questions de genre, de sexualité, le fantastique etc. Nous avons aussi des documentaires qui abordent des questions d’égalité homme/femme, de harcèlement etc.

Pouvez-vous nous présenter trois livres à lire absolument ?

L. A. : Le choix a été difficile entre les nouveautés et les indispensables. J’ai essayé de vous présenter trois livres phares. On a l’Expédition de Stéphane Servant et d’Audrey Spiry, c’est un livre jeunesse avec de très belles illustrations qui a aussi de très beaux textes. L’univers fait penser à un univers créole. Ce livre a été présenté dans le cadre du prix Chronos.

Pour les plus grands, nous avons le livre Cette fille c’était mon frère de Julie Anne Peters qui porte sur la question du genre. C’est une question primordiale qui est parfois taboue et qui est donc importante. On nous demande d’être inclusifs afin que chacun puisse trouver ce qui l’intéresse et le sujet qui peut l’aider dans sa construction.

Pour terminer, nous avons un livre adulte de Simone Schwarz-Bart, Pluie et vent sur Télumée Miracle. C’est une plongée dans la vie guadeloupéenne, dans l’univers des Antilles et des descriptifs qui permettent de revenir à l’ancienne époque.

Quel(le) est l’auteur ou l’autrice incontournable selon votre équipe ?

L. A. : C’est une question vraiment difficile mais j’ai pensé à deux autrices qui font partie des plus demandées. Il y a Maryse Condé qui est incontournable, notamment avec Le coeur à rire et à pleurer.

Je vais surtout mettre l’accent sur Gisèle Pineau dont la section jeunesse porte le nom. Ady, Soleil noir, une de ses dernières oeuvres, est un coup de coeur. C’est une plongée dans le départ de la terre natale et l’expérience à Paris d’une femme noire ainsi que son histoire d’amour avec Man Ray. Nous espérons recevoir Gisèle Pineau à la médiathèque dans le cadre de la Micro-folie puisqu’une conférence autour de l’oeuvre de Man Ray serait très intéressante.

Quel(le) est le nouvel auteur ou la nouvelle autrice à découvrir ?

L.A. : C’est vrai que le choix s’est fait sur beaucoup d’autrices féminines. Ici, nous avons une jeune autrice, Maëllie Duro-Cardonnet, que nous avons pu recevoir lors d’un samedi littéraire, qui est une rencontre littéraire à deux voix avec deux auteurs. Elle a présenté son recueil de poésies, Le temps d’une plume. Cette jeune autrice a treize ans et est lauréate du Prix Littéraire FETKANN ! MARYSE CONDÉ. En ce moment, elle enregistre sur RCI, une émission littéraire qui sera diffusée sur les ondes. Elle a une très belle actualité et est très talentueuse.

Quels sont vos conseils pour lire davantage ?

L. A. : Pour lire plus, il faut mettre le livre au coeur de la maison et des habitudes. Il faut que la lecture débute dès le premier âge, c’est-à-dire qu’enceinte, on peut déjà débuter la lecture à un bébé dans le ventre, l’idée c’est que quand l’enfant nait, il ait des livres. Nous avons un espace bébé lecteur. L’idée c’est d’avoir des livres un peu partout dans la maison quand on peut. Si on ne peut pas les acquérir, la médiathèque est là.

L’idée est aussi de pouvoir découvrir la diversité tant dans la thématique abordée mais aussi dans les formats de livres : des petits, des grands, des livres pop up mais aussi des livres numériques ou des livres audios. Nous avons d’ailleurs un partenariat avec Une voix, une histoire, qui édite des livres du fond local qui ne sont pas toujours disponibles sur Audible. Tout ces formats permettent d’écouter un livre pendant qu’on conduit ou qu’on fait le ménage ou juste avant de dormir.

Avec la médiathèque numérique mise en place par le département, l’ensemble des médiathèques de la Guadeloupe, chaque abonné a accès à un portail de ressources en lignes, de livres numériques, de magasines, de livres audios et de musiques. Tout cela contribue à faciliter la lecture.

L’idée est aussi d’être décomplexé par rapport au fait de commencer un livres et de ne pas l’achever. On a la liberté de lire ce que l’on veut, des BD, des romans et d’aller à la rencontre de temps de partage sur la lecture sur les réseaux sociaux ou dans les clubs littéraires.

Quel est l’apport de la littérature caribéenne ?

L. A. : Quand je pense à la littérature caribéenne, je pense à créolité, antillanité, négritude, les sujets propres à l’identité. Mais c’est aussi une littérature qui met du rythme avec l’oralité qui se retrouve à l’écrit. On a une littérature qui nous permet de se retrouver, de retrouver nos us et coutumes, nos Mès é labitid, qui parfois n’étaient pas écrits mais toujours transmis à l’oral. Nous avons cette écriture qui permet la transmission, la découverte mais aussi une écriture qui est consciente et engagée et qui parle de sujets de fond comme le chlordécone ou l’esclavage. Ce sont des sujets très importants propres à notre vie quotidienne. C’est une littérature vraiment riche, rythmée, engagée et consciente.

Je pense à Victoire, les saveurs et les mots de Maryse Condé où on plonge dans les marchés et le monde culinaire. Quand on pense à littérature caribéenne, on pense aussi à L’esclavage racontée à ma fille de Christiane Taubira, qui est un sujet important sur la transmission. On pense aussi à Lapo Farine de Tony Delsham.

C’est toute cette littérature qui permet de grandir et de se connaître aussi, de partager et d’évoluer. Nous avons des textes comme Le Jour où les Antilles feront peuple de Matthieu Gama, qui nous permettent de s’engager et d’apporter une réflexion sur notre devenir.

Pour terminer, pouvez-vous nous présenter une citation d’un auteur/d’une autrice ou d’un livre ?

L. A. : Je reviendrais au recueil de Maëllie Duro-Cardonnet, Le temps d’une plume, avec un extrait du dernier poème qui s’intitule Par l’écriture :

« Pour m’exprimer, les mots je fais couler, les phrases, je fais vibrer, les textes, je fais danser, pour qu’on m’écoute toujours.«